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Association des femmes journalistes

Tous les cinq ans vous effectuez une vaste enquête sur la présence des femmes dans les médias
En 1995 nous avons mené une première enquête sur la place des femmes dans le contenu de l'information. Cette enquête a été présentée dans le livre " Dites le avec des femmes " qui a été très bien accueilli par la presse et le public. Nous avons décidé de renouveler l'étude en 2000 en partenariat avec l'Institut Français de presse (IFP). La méthode utilisée, Mediawatch permet de quantifier la place des hommes et des femmes dans les journaux d'information générale. Elle a été menée en parallèle dans soixante dix pays.

Quels enseignement en avez-vous tirés ?
La réalité est pire que ce que nous pensions. Les femmes sont sous représentées et stéréotypées dans les médias. En 2000, les médias d'information générale français ne citaient que 18 % de femmes contre 82 % d'hommes. Et la situation n'avait pas beaucoup évolué depuis 1995 puisque la place des femmes n'avait progressé que de 1% (de 17% en 1995 à 18% en 2000). A ce train l'égalité ne sera atteinte qu'à l'horizon de l'an 2162 !

Au-delà de la place qu'occupent les femmes dans les médias en termes quantitatifs, la qualité de leur représentation n'évolue pas non plus. Lorsqu'elles sont citées, elles sont le plus souvent anonyme et cantonnées au rôle de " femme de... " ou de maman. Elles sont rarement représentées dans le cadre de leur profession ou de leurs engagements politiques. Au contraire les hommes sont la plupart du temps cités avec leur nom et leur fonction. Il faut cependant noter une légère progression des femmes dans les articles économiques et politiques.

L'égalité professionnelle ?
Elle n'existe pas. L'enquête 2000 souligne la persistance de l'inégalité. Les femmes ont très largement investi le métier de journaliste, mais, à l'instar de la plupart des métiers, elles sont peu nombreuses à la direction des médias et très nombreuses à la base. Du coup, ce sont toujours des hommes qui décident de la hiérarchie de l'information. Ceci explique peut-être la persistance d'une information
" androcentrée ". Les femmes journalistes n'atteignent pas le seuil critique à partir duquel elles pourraient faire évoluer les pratiques professionnelles. Il ne s'agit pas de jeter la pierre aux hommes. Nous sommes tous et toutes victimes de l'inertie des mentalités. Du rédacteur en chef à l'attaché de presse qui axe spontanément son dossier sur les figures masculines de l'entreprise, et aux femmes elle-même qui, parfois complexées, n'osent pas se mettre en avant...

Sur un plan qualitatif les femmes journalistes appartiennent rarement à des services politique ou économique, traditionnellement masculins. Elle sont par contre sur représentées dans la santé, l'environnement et l'éducation. En France, les femmes journalistes ne sont que 28 % à traiter l'actualité alors que la moyenne internationale est de 41 % (43% en 1995) dans l'ensemble des pays étudiés.

Quelles actions menez-vous pour faire évoluer la situation ?
Les enquêtes que nous menons sont largement relayées par les différents médias et bénéficient généralement d'un accueil encourageant. C'est une première forme d'information du grand public.

Chacune d'entre nous, adhérente ou sympathisante de l'association, milite au quotidien au sein de sa rédaction pour que les femmes soient davantage mises en avant, que la langue soit davantage féminisée.

Sensibiliser les jeunes journalistes à la question de la place des femmes dans les médias est un travail de longue haleine, que nous menons, autant que nos moyens humains le permettent, dans les écoles de journalisme.

Enfin, les différents prix (prix de la femme photojournaliste, prix de la publicité, prix du documentaire, prix du livre) que nous décernons chaque année, sont aussi une façon de sensibiliser le grand public au talent de nos consoeurs.

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