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Le congé de paternité, projet inachevé ?

L'exemple suédois et le problème du financement
La création d'un congé paternité en Suède (1995) n'a pas eu les résultats escomptés auprès des hommes. Le père suédois a le droit à dix jours de congé rémunérés à 80% du salaire (à effectuer dans les deux mois suivant la naissance). Il dispose de plus d'un congé rémunéré de trente jours, non transférable à la mère. Mais, si près de 80% des pères suédois ont utilisé en 2000 une partie du congé rémunéré, peu d'entre eux ont prolongé leur initiative au-delà des dix jours après la naissance.
L'incitation salariale est elle à la hauteur du nécessaire changement de mentalités ? Il semble que non. En France, pour compenser la perte de salaire, le père pourrait percevoir une indemnité correspondant à 80 % de son salaire brut, calculée sur une limite maximale de 14 950 Francs (plafond de la sécurité sociale). Le financement de cette indemnité revient à La caisse d'allocation familiale.

D'autres solutions de financement doivent être envisagées qui permettraient d'acroître les indémnités et leur effet incitatif, mais aussi d'allonger la durée du congé paternité au-delà de deux semaines.

La solution de La Compagnie des Femmes
La mutualisation de ce que l'on doit malheureusement appeler le "risque maternité" par la création d'un fonds inter- entreprise est en ce sens une solution. Les entreprises créatrices de ce fonds cotiseraint relativement à la proportion de femmes dans leur masse salariale. Plus cette proportion est élevée moins la prime est grande et inversement. L'emploi d'un homme ou d'une femme aurait ainsi le même coût pour l'entreprise.

En premier lieu l'argent collecté permettrait de prendre en charge le coût direct du congé de maternité et de paternité. Mais ce n'est pas tout. Le fonds pourra également être utilisé pour créer des crèches d'entreprise. Offrir aux parents un lieu de garde pour leurs enfants, c'est faciliter le retour des mères dans l'entreprise, et aussi limiter la prise des congés. La création d'un congé de paternité proposé aux salariés présente un double avantage. D'abord, faire s'absenter les hommes au même titre que les femmes. Ensuite, donner aux pères l'habitude de s'occuper de leurs enfants et d'investir le champ des tâches domestiques. Ce congé de paternité, est calqué sur le congé d'inemployabilité des mères (8 semaines), à prendre dans les six premiers mois de l'enfant, en une ou plusieurs fois. Alors, la naissance deviendra un événement qui concerne tout le monde, sans distinction de genre.

Les grandes entreprises sont le lieu principal du changement. Leur pouvoir de fédérer, en fait les acteurs privilégiés du dialogue social. Les entreprises pionnières petites ou grandes ont tout à gagner d'un tel engagement. Communiquer autour des aspects novateurs de leur politique sociale est un atout dans l'élaboration ou le renforcement d'une culture d'entreprise. Si le projet gouvernemental est apparu à certains comme démagogique à la veille des élections présidentielle de 2002, il a le mérite de soulever le profond problème de la discrimination des femmes dans le monde du travail. Reste que la question du financement doit être repensée pour faire de ce qui n'est pour l'instant qu'un pis allé législatif une véritable volonté des français de changer.

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